11-Septembre : Contrer l’autodafé du Coran

Samedi 11 septembre 2010, cela fera 9 ans, jour pour jour, que les Tours jumelles du World Trade Center ainsi que d’autres symboles de la toute-puissance américaine ont été percutés par des avions de ligne kamikazes détournés. Très vite, on a pu identifier les auteurs de ces attentats, qui sont tous des combattants d’Al-Qaïda, cette multinationale du terrorisme fondée et présidée par Oussama Ben Laden.

C’était la première fois que les Etats-Unis d’Amérique étaient frappés de la sorte sur leur propre territoire. Les événements de ce maudit jour ont changé et bouleversé le monde. Depuis lors, la lutte contre le terrorisme est devenue un casus belli planétaire dont le pays de l’Oncle Sam a pris la tête en allant combattre en Afghanistan puis en Irak.

De la sorte et par la force des choses, il s’en est suivi un malheureux amalgame entre islam et terrorisme tout en nourrissant, surtout en Occident, un courant d’islamophobie avec tous les risques que cela comporte. George Bush, le président américain d’alors, a eu beau soutenir qu’il ne s’agissait pas d’une croisade contre l’islam, rien n’y fit.

9 ans après, ce sentiment reste latent pour ne pas dire davantage, même si, sous l’instigation de Barack Obama, les troupes américaines sont en train de quitter le pays de Saddam Hussein et promettent de le faire à moyen terme des terres des Mollah afghans. C’est dans ce contexte qu’intervient le 9e anniversaire de la tragédie des Tours jumelles.

Jusque-là, ce triste anniversaire est commémoré aux USA comme un moment de recueillement en la mémoire des victimes dans une sorte d’unanimité nationale. Mais voilà que cette année, une secte américaine, le Dove World Outreach Center (Centre Colombe pour aider le monde), veut à sa façon briser ce consensus en célébrant à sa manière ce triste anniversaire : brûler publiquement un exemplaire du Saint-Coran.

Si un tel projet d’autodafé ne touchait pas à la foi, on ne s’en émouvrait pas outre mesure, surtout qu’il s’agit d’un acte qu’envisage de poser un mouvement marginal qui, bien que fondé en 1986, ne compterait à ce jour qu’une cinquantaine de membres. En somme une secte dont l’expansion est quasi anecdotique.

Ce microcourant évangéliste « accuse l’islam de chercher à dominer le monde » et entend ainsi « glorifier le souvenir des victimes des attentats » du 11 septembre 2001. C’est la raison pour laquelle il appelle les autres groupes religieux à le rejoindre dans sa « Journée internationale pour brûler le Coran ».

Mais ce faisant, le Centre Colombe ne porte-t-il pas très mal son nom parce qu’en l’espèce, il voudrait plutôt se conduire en faucon ? Et ce n’est pas avec ce genre d’initiative, dont le fantasme le dispute à la provocation, qu’il va aider le monde. Bien au contraire.

Le pasteur Terry Jones et ses brebis ont beau être marginaux, ils peuvent contribuer, ne fût-ce que de manière subliminale, à braquer nombre de leurs compatriotes contre une religion et ses adeptes. Il faut donc espérer que la puissance publique américaine, quand bien même on est au pays de toutes les libertés, mettra tout en œuvre pour empêcher cet autodafé dont les conséquences sont imprévisibles non seulement aux USA mais aussi dans le reste du monde.

Cette idée folle ne risque-t-elle pas de relancer de plus belle les polémiques sur la possibilité ou non d’ériger une mosquée non loin du Grand Zéro, l’épicentre même de la déflagration du 11 septembre, et les suspicions sur l’islamité du président Barack Hussein Obama ?

Depuis l’annonce de cette sordide affaire, çà et là, des quatre coins du monde, l’indignation monte. Ne risque-t-elle pas par ailleurs de donner un alibi en béton à certains pays ou à certains milieux qui n’en demandaient pas tant pour justifier leur militantisme antioccident avec en filigrane le choc des civilisations ?

En Afghanistan et en Indonésie (le plus grand pays musulman au monde) des manifestations ont déjà eu lieu avant que ce projet funeste soit mis en exécution alors qu’en Iran on a prévenu que cette provocation du Centre Colombe déclencherait des réactions incontrôlables. Rappelons le tollé et l’embrasement qu’avaient suscité les caricatures du prophète Mohamed.

Pour sa part, le Vatican s’est associé aux multiples condamnations par avance de cet autodafé tandis que son journal, l’Osservatore Romano titrait un de ses articles : Que personne ne brûle le Coran.

L’administration Obama a tout naturellement dénoncé le projet et a dû craindre pour ses soldats déployés en Irak, en Afghanistan, au Pakistan. L’OTAN de son côté a fait chorus.

Il est vrai que, de l’autre côté, certains ne font rien pour calmer le jeu. Pensons à Kadafi s’en allant à Rome, à un jet de pierre de Saint-Pierre, appeler à l’islamisation du monde européen…alors même que le moindre geste de proxénétisme chrétien en Libye serait suicidaire.

Les excentriques extrémistes du Centre Colombe entendront-ils finalement raison en ces temps où tout semble indiquer que les malheurs de l’humanité pourraient venir des poudrières religieuses qu’une toute petite étincelle suffit à allumer ?

San Evariste Barro

L’Observateur Paalga

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