INTENTION DE BRÛLER LE CORAN AUX USA : Coup de pub ou coup de folie ?

Le 11 septembre 2001, on s’en souvient, les Etats-Unis d’Amérique ont été touchés de plein fouet par un attentat terroriste. Les avions détournés par des terroristes et dont deux se sont écrasés sur les tours jumelles, deux des symboles de la gloire américaine, ont suscité l’émoi et beaucoup de réprobation. Les hommes épris de paix et de tolérance de toutes les nations et de toutes les religions ont condamné cet acte odieux. L’orgueil de la nation la plus puissante de la terre était blessé. Dès lors, la croisade des Etats-Unis contre le terrorisme s’est intensifiée avec hélas, de graves écarts préjudiciables à la paix mondiale.

Au nom de ce combat anti-terroriste, les Américains et leurs alliés ont, entre autres, fait pleuvoir des bombes sur l’Afghanistan, donnant la chasse aux talibans, accusés de pactiser avec les terroristes. A ce jour, la traque des terroristes se poursuit avec son lot d’attentats et de victimes chez les combattants et même parmi les civils. En plus de cette zone, l’Irak a été envahi sous le prétexte de la lutte contre la prolifération de l’arme nucléaire. Bref, l’administration Bush, dans ces différentes campagnes avec ou sans soutiens, a chauffé à bloc le monde arabo-musulman surtout.

Le plus dangereux dans cette campagne, c’est que beaucoup ont confondu et continuent de faire un amalgame entre Islam et terrorisme. Cette attitude a contribué à renforcer la ligne de fracture entre l’Occident et le monde arabo-musulman. Le sentiment anti-américain notamment, s’était considérablement élargi et renforcé. Tout en partageant la même répulsion vis-à-vis du terrorisme, des millions de personnes de par le monde, avaient trouvé que la réponse apportée par Bush n’était pas appropriée.

Mais, avec l’arrivée de Barack Obama, ce sentiment a baissé d’un cran. Les actes et messages d’apaisement comme la volonté de fermer Guantanamo, ainsi que le discours du Caire du 44e président américain y ont beaucoup contribué. Et voilà que surgit un illuminé qui risque fort de remettre en cause le climat d’accalmie qui prévaut. En effet, en projetant, avec ses fidèles, à Gainesville en Floride, de brûler en public un exemplaire du Coran le jour anniversaire du 11 septembre, le pasteur américain, Terry Jones joue avec le feu. Toutefois, on se demande s’il s’agit là d’un coup de pub d’un groupe en manque de popularité. Ou d’un coup de folie. Toujours est-il qu’avec un tel dessein, cette église baptiste- fondamentaliste rame à contre-courant des efforts déployés par l’administration Obama pour réconcilier un tant soit peu l’Amérique avec le monde musulman.

Cela prouve à souhait que certains Américains n’ont pas encore compris que ce n’est pas ainsi qu’ils viendront à bout des terroristes. Ce projet pour le moins funeste est inutile et même dangereux pour le monde entier. Rien ne peut justifier le fait que quelqu’un heurte ainsi la conscience de croyants en attentant au symbole le plus fort de leur foi. En termes de réponse aux terroristes dont les crimes sont d’ailleurs décriés des musulmans, c’est loin d’être un bon moyen.

La réprobation de ce projet, on l’imagine, dépasse le cercle de la seule communauté musulmane. Le titre "Que personne ne brûle le Coran" de l’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican du mardi 7 septembre 2010, est très évocateur à ce sujet. Les témoignages de désapprobation sont donc légion et les autorités américaines s’organisent. Aucun être humain épris des vertus du dialogue inter-religieux, de la tolérance, ne saurait comprendre, encore moins applaudir et accompagner pareille entreprise.

Certes, c’est une intention isolée que, d’ailleurs, beaucoup d’Américains ne partagent pas. Mais cela n’enlève rien au fait que cet acte soit dangereux pour la cohésion et la paix sociale dans le monde entier. Si Terry Jones et ses ouailles parviennent à leurs fins, nul doute que les réactions qui s’en suivront ne seront pas de nature à conforter la tolérance religieuse. Des extrémistes de sa trempe seront confortés dans leur position, certes. Mais ils capitaliseront à l’occasion plus de soutiens contre l’Occident, notamment les Etats-Unis. Alors, les personnes de toutes races et de toutes religions qui se battent pour un monde de fraternité dans la différence verront leurs efforts balayés d’un revers de la main. Si c’est du bluff, il faut que ces fanatiques sachent que c’est une plaisanterie de mauvais goût.

Mais s’ils entendent mettre leur menace à exécution, on s’attend à voir les autorités américaines prendre toutes les dispositions nécessaires pour les empêcher de commettre leur forfait. Car, à dire vrai, ces fondamentalistes ne sont ni plus ni moins que des "terroristes religieux". L’on ne saurait, au nom du respect de la liberté individuelle, les laisser faire. En tous les cas, ce pasteur et sa communauté doivent comprendre que savoir respecter la foi des autres, même quand on ne la partage pas, est aussi un signe de grandeur d’âme.

"Le Pays"

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