Les mystères du Kiegelga ou dattier sauvage

palmier-dattierOn ne voit jamais rien pousser sous le kiegeliga, même pendant l’hivernage. En effet, ce sont les zin qui sont dessous car ils aiment beaucoup ses fruits. Lorsqu’il y a un kiegeliga, on balaie dessous pour éviter que les fruits tombés n’attirent les genies. Autrefois, il n’y avait pratiquement pas de fous. Les seuls fous qu’on rencontrait étaient ceux qui étaient partis là où il y a des groupes de kiegelse. Ces endroits sont à éviter surtout au milieu de la journée ou de la nuit et particulièrement le vendredi où on peut les voir se transformer en personne. On interdit donc toujours aux enfants de s’en approcher.

Cet arbre est lié aux Nioniose. Ils n’utilisent que le bois de kiegeliga pour faire leurs gourdins et ils sont les seuls à pouvoir en faire cet usage. On porte le gourdin de Kiegeliga à l’envers, la « queue » (manche) derrière, la « tête » (masse) devant. Ce gourdin est utilisé par les Nioniose pour parler avec le ciel, l’orage, la pluie ou les nuages (sase). C’est donc l’arbre intercesseur entre l’homme et les éléments climatiques, à travers le Nionioga.

Pour le Nionioga, le kiegeliga est l’arbre par excellence, c’est le symbole de l’endurance et de la force .

Proverbe : « C’est le gourdin de la malfaisance que l’on porte à l’envers ». C’est un moyen de dire que les nioniose sont des personnes malfaisantes.

Quelques utilisations du Kiegelga

Fruit sec : Pour les récolter, on est obligé de lancer des cailloux. Sorte de dattes, mais amères. On appelle les dattes (deglat nour) « mak-kiegeliga » (dattes de la Mecque). On suce le fruit et on jette le noyau.

Noyaux, amandes : On peut casser le noyau pour avoir l’amande qui est très appréciée. Avant de la consommer, il faut la faire bouillir en changeant l’eau plusieurs fois.

Feuilles tendres fraîches : Lorsqu’on les prépare, il faut jeter la première eau dans laquelle elles ont bouilli. On garde la deuxième eau et on la mélange avec le couscous.

Branches : Peuvent servir pour les enclos à bétail des Peulh.

Servent pour faire les pilons des mortiers.

Sert pour faire les gourdins des Nioniose.

Source : Yveline Dévérin-KOUANDA, in le corps de la terre, volume 3, tome 2, 1992.

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