Place de la Nation : Un archevêque à la prière du ramadan

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un prélat à une prière musulmane C’est la scène, forte d’émotion et de symbole, qui a été donnée à voir le vendredi 10 septembre 2010 à la place de la Nation à l’occasion de la fête de Ramadan placée sous le signe du dialogue interreligieux.

Vendredi 10 septembre 2010. Jour de fête à Ouagadougou. Dans la matinée, l’heure est à la grande prière. Dans les quartiers, les gens se hâtent pour ne pas rater ce rendez-vous annuel. En petits groupes, hommes, femmes et enfants se dirigent vers les lieux de prière, vêtus de leurs plus beaux atours, chapelets bien en vue chez certains, tapis au cou ou à l’épaule. Au centre-ville, et plus précisément à la place de la Nation, les rues fourmillent de monde. La Police nationale et la Police municipale, aidées par des éléments de la sécurité de la grande mosquée, s’attellent à donner plus de fluidité à la circulation dans les environs.

8h 30 mn, un coup de fusil à poudre se fait entendre du côté de la BCEAO. C’est l’annonce de l’arrivée du Moogho Naaba Baongho escorté par des cavaliers. Presque au même moment, des membres du gouvernement sont accueillis par le comité d’organisation et installés en bonne place. Pendant ce temps, des décibels crachaient des lectures de versets coraniques jusqu’à ce que, subitement, une voix d’homme perce le ciel par un chant repris en chœur par un groupe qui accompagnait une personnalité religieuse, en l’occurrence El Hadj Aboubacar Sana, l’imam de la grande mosquée de Ouagadougou, celui-là même qui dirige les prières lors des fêtes. La place de la Nation est à ce moment noire de monde.

9 h 00 : début effectif de la prière tant attendue, prière d’une dizaine de minutes qui s’achève par le sermon de l’imam marqué par des bénédictions, des conseils aux musulmans sur le jeûne et leur comportement dans la société et la vie de tous les jours. Le fait nouveau et exceptionnel dans la célébration de cette fête fut la présence d’une délégation de l’Eglise catholique conduite par Monseigneur Philippe Ouédraogo lui-même, venu fraterniser avec « ses frères musulmans » et leur livrer un message de paix intitulé : “Chrétiens et musulmans : ensemble pour vaincre la violence interconfessionnelle”.

Ce message apporté fait suite à la recommandation de la dernière réunion annuelle tenue au Caire les 23 et 24 février 2010 entre le Comité permanent d’Al Azhar pour le dialogue entre les religions monothéistes. Ce dialogue interreligieux est né d’un constat : “Les causes de la violence entre croyants se trouvent dans la manipulation de la religion à des fins politiques ou autres ; la discrimination basée sur l’ethnie ou l’identité religieuse ; la division et les tensions sociales”. Une démarche chrétienne saluée, à sa juste valeur, par le grand imam qui a remercié le prélat pour avoir fait le déplacement et assisté de bout en bout à la prière.

L’archevêque a d’ailleurs ravi la vedette et constitué l’évènement pour les journalistes qui se bousculaient pour l’interviewer. Son message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque El hadj Adama Sakandé, 1er vice-président de la communauté musulmane du Burkina, promet de lui donner une suite favorable : « Nous nous chargerons de livrer le contenu de ce message dans les différentes mosquées afin que la cohabitation et le dialogue interreligieux se renforcent davantage au Burkina Faso ».

Adama Ouédraogo Damiss Dramane Dadian (stagiaire)

L’Observateur Paalga

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