Escroquerie au Burkina : Le téléphone, nouveau mode opératoire

Quatre personnes prises dans des opérations d’escroquerie ont été mises aux arrêts par la brigade ville de gendarmerie de la commune de Boulmiougou. Le mode opératoire utilisé par ces délinquants est d’un nouveau genre, ou du moins est encore peu connu au Faso. Ces sieurs utilisaient l’indicatif des numéros téléphoniques des pays étrangers pour se jouer de leurs victimes. Ces malfaiteurs ont été présentés au cours d’une conférence de presse le 14 septembre 2010 à Ouagadougou.

Des faits d’escroquerie dont les préjudices subis sont estimés à plus de 46 millions de franc CFA, une quantité importante d’or et beaucoup d’autres objets de valeur. Ce sont là le butin de ces escrocs d’une nouvelle race. Courant janvier 2010, suite à de multiples plaintes déposées par des victimes, la Brigade Ville de Gendarmerie de Boulmiougou ouvre une enquête sur un réseau d’escrocs internationaux.

Le 22 août dernier, cette brigade a été alertée d’un cas d’escroquerie en préparation contre une Burkinabè résidant à Ouagadougou. Les investigations menées ont permis d’interpeller trois personnes en flagrant délit à Koupèla. Suivez les explications du commandant de la compagnie de la gendarmerie de Kadiogo, Issa Paré. “Au mois d’août 2010, la victime (la Burkinabè) reçoit un appel sur son téléphone portable, d’un individu qui se nommerait Koassi. L’indicatif affiché est celui du Congo Brazzaville.

Son correspondant se présente comme résidant de ce pays étranger. Dans les échanges, il prétend bien connaître la bonne dame de par sa profession. A l’issue de cela, il lui propose un projet d’achat de graines de marronnier qui, selon lui, servent à guérir le Sida. Après avoir réussi à convaincre sa victime, le sieur Koassi conclut avec elle un marché portant sur sept cents (700) graines de marronnier à raison de dix mille (10 000) francs la graine qu’elle pourra revendre à son tour à quinze mille (15 000) franc l’unité à un prétendu Européen nommé Dupont qui la contactera.

Pour achever le scénario, il lui parle d’une certaine Maman Alima qui résiderait au Togo. C’est cette dernière qui se chargera de lui livrer les sept cents (700) graines de marronnier à sept millions (7 000 000) de franc et le sieur Dupont les lui achètera à dix millions cinq cent mille (10 500 000) franc CFA. Après ces échanges avec le sieur Koassi, la victime reçoit effectivement le même jour un appel à partir d’un numéro de téléphone comportant l’indicatif du Canada.

L’appelant se présente comme étant monsieur Dupont et qu’il appelle au sujet des graines de marronnier. Il déclare ensuite qu’il est en partance pour la France et que dans quelques jours, il sera au Burkina Faso pour acheter les graines en question. Pour rassurer la bonne dame, le prétendu monsieur Dupont la recontacte quelques jours après avec un numéro de téléphone comportant l’indicatif de la France. Il l’informe qu’il est en route pour le Burkina Faso et qu’une fois sur place, il sera logé à l’hôtel (il donne le nom d’un prestigieux hôtel de la place). Juste après le coup de fil, c’est le sieur Koassi qui l’appelle pour planifier un rendez-vous à Koupéla, avec Maman Alima, la fournisseuse de graines. Il la met en contact avec celle-ci qui confirme qu’elle sera bien à Koupéla pour la livraison.

Elle rappelle plus tard pour dire qu’elle a eu un empêchement, mais que son fils sera au rendez-vous avec la marchandise. La victime qui a effectivement fait le déplacement de Koupéla s’est retrouvée en face d’un jeune homme qui s’est présenté à elle comme étant le fils de Maman Alima et qu’il est venu livrer les graines de marronnier. C’est au moment de la transaction que les trois escrocs ont été interpellés, grâce à une opération savamment préparée par la Brigade territoriale de gendarmerie de Koupéla”. Ces escrocs, au dire du commandant Paré, ont planifié toute cette opération à partir du Burkina.

Le prétendu Européen, qui a appelé, n’est qu’un complice d’origine maghrébine vivant à Ouagadougou. Quelques documents et objets ont été saisis entre les mains des faussaires. Il s’agit, entre autres, de reçus de transfert d’argent (Western Union) vers l’étranger (Mali, Cameroun) ; de puces de téléphonies étrangères (Ghana, Togo, Gabon, Canada, France et Congo) ; deux coffrets contenant du faux or, de faux billets de banque, etc. Se trouvent également dans les locaux de la Brigade, des engins saisis entre les mains de délinquants dont les propriétaires sont inconnus. Les personnes victimes de vol d’engin sont invitées à se présenter à la Brigade Ville de Boulmiougou pour des vérifications.

Isssa Bébané (Stagiaire)

L’Observateur Paalga

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