Forces françaises au Burkina : Une révélation aux relents embarrassants pour le Médiateur !

Si l’annonce de la présence de troupes françaises au Burkina en vue d’une éventuelle attaque contre les islamistes d’Al-Qaïda au motif de prise d’otages de ressortissants de l’Hexagone témoigne de la place incontournable du Burkina, sinon de ses plus hautes autorités, sur la question de la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Elle pose, en revanche, surtout à y voir de près, des difficultés pour le Président du Faso, maintes fois acteur dans la libération d’otages occidentaux. En effet, comment assumer, publiquement et à la fois, le statut de facilitateur auprès des islamistes et de celui de partenaire privilégié auprès des autorités françaises, partisanes de l’argument de la force qui a, malheureusement, jusque-là, montré ses limites.

Sans doute, c’est la confirmation que le Burkina jouit d’un statut de partenaire privilégié auprès des occidentaux dans leur croisade contre le terrorisme en Afrique. Notamment avec cette révélation de présence de forces d’intervention françaises dans le pays, en vue, dit-on, d’une éventuelle opération sauvetage dans la bande sahélo-saharienne, où des français ont été pris en otages par les éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Pour rappel, le Burkina, toujours dans l’optique de servir de pont de prévention aux attaques terroristes, a abrité en début mai 2010 l’opération Flintlock à laquelle avaient participé des troupes américaines, européennes et africaines.

Qu’aujourd’hui, des troupes de l’Hexagone remettent pied au Burkina pour passer à l’attaque, c’est a priori une option judicieuse. Les éléments français, pour avoir pris part à l’opération d’entraînement de mai dernier, connaissent apparemment le terrain à partir de Ouaga ; ce qui n’était certainement pas le cas avec la Mauritanie, où des forces de Paris ont lamentablement échoué dans leur tentative de libérer le regretté Michel Germaneau, décapité par les islamistes, quelques jours plus tard après le fiasco des commandos bleus. Il s’agit donc pour les troupes françaises de passer aux choses sérieuses.

Avec Flintlock, ce n’était que de la fiction, de la simulation. Il faut à présent affronter la réalité sur la base de la connaissance du terrain. Evidemment, le succès, en pareilles circonstances, n’est jamais garanti d’avance. Surtout sur un terrain difficilement maîtrisable que celui du désert du Sahara. La tâche, certes, se présente ardue, mais n’entame en rien l’œuvre patriotique et humanitaire qu’envisagent les forces françaises. Ce sont des vies de citoyens de l’Hexagone qui sont en jeu et il faut bien tenter le coup, quoi qu’il advienne.

Mais les soucis ne devraient pas être que dans le camp de la France. Les choses ne se présentent pas aussi aisément pour le Burkina, en particulier pour son Président, plusieurs fois acteur clé dans la libération de nombreux otages. Le Chef de l’Etat a beau être l’homme des situations difficiles, cette affaire est des plus embarrassantes pour lui, notamment vis-à-vis de ses interlocuteurs de AQMI, si tant est qu’il entend toujours poursuivre ses médiations pour l’élargissement d’otages détenus par les islamistes. En effet, comment ces derniers vont-ils appréhender cette présence de troupes françaises au Burkina ? C’est là toute la question. Espérons tout simplement que le Médiateur africain s’en sorte dans cette situation délicate.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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