Inondations dans l’Ouest du Burkina : Bobo-Dioulasso, Dédougou durement frappées

La saison des pluies 2010 a été difficile pour les populations des 15 provinces de l’Ouest du Burkina. Les pluies diluviennes tombées en ce mois de septembre ont causé la mort de 7 personnes, dont 5 à Bobo-Dioulasso et 2 à Dédougou et fait des milliers de sans-abris, détruit des champs ainsi que des infrastructures notamment routières. C’est du moins le constat que nous avons établi en collaboration avec les correspondants/AIB desdites provinces.

Sur les 15 provinces de l’Ouest, celle du Houet dans les Hauts-Bassins, a payé le plus lourd tribut de ces pluies torrentielles. En effet, la ville de Bobo-Dioulasso a enregistré 100.5mm de pluie le 8 septembre 2010, faisant 5 décès et plusieurs blessés. De plus, la ville comptabilise de nombreuses concessions et infrastructures inondées et effondrées avec à la clé, des sinistrés et d’inestimables dégâts matériels.

On se souvient par ailleurs que le 11 mai dernier, les Bobolais se sont réveillés dans une ville entièrement saccagée par de violents vents qui ont déraciné de nombreux arbres, décoiffé des maisons et sectionné des câbles de la SONABEL et de L’ONATEL. Les pluies ont également fait 172 sinistrés, le 14 août 2010 dans les villages de Sala et Soumousso avec plusieurs autres à Koundougou.

Dans la province du Tuy, c’est un hameau de culture du village de Djuié, dans la commune de Koumbia qui en a fait les frais, inondé et isolé par les eaux, le lundi 16 août 2010. Bilan : plus de 700 sinistrés, dont 334 relogés dans une école primaire et aussi des maisons et des champs détruits. Au classement de ces malheureux événements, vient en deuxième position la ville de Dédougou qui a elle aussi connu dans la nuit du 8 au 9 septembre 2010, une pluie diluvienne de 113,2mm d’eau, ayant semé désolation et peine sur son passage avec au compteur 2 morts, victimes de l’effondrement de leurs maisons.

Le bilan, quoique provisoire, fait également état de plusieurs blessés dont un grave et de nombreux dégâts matériels dans toute la commune, notamment la représentation d’une banque dont le matériel informatique a été endommagé. Dans la même région, la province des Banwa a également subi les effets des pluies.

Le chef lieu de la province, Solenzo, a été coupé des localités voisines comme Kouka, Dédougou et Bobo-Dioulasso. Certains villages ont été inondés avec des chutes de maisons, faisant planer de sérieuses incertitudes sur la réussite de la saison agricole. Si jusqu’à présent la Kossi a été épargnée, les provinces du Sourou et du Nayala quant à elles, sont victimes d’inondations de champs et de quelques effondrements d’habitations.

Les secours mis à rude épreuve

Des 4 provinces de la région du Sud-Ouest, la Bougouriba est la plus touchée par les précipitations excessives de cet hivernage. Les 12 et 13 août derniers, les pluies qui sont tombées dans la commune rurale de Dolo ont officiellement occasionné dans 13 des 14 villages de la commune, 1 654 personnes sinistrées dont 4 blessées (2 graves et 2 légers), dans 207 ménages affectés.

En termes d’infrastructures détruites, on dénombre 345 habitations et 66 greniers. Par ailleurs, le cheptel a été touché avec 26 têtes et la volaille, 266. Les vivres des paysans et même leurs superficies exploitées n’ont pas été épargnées. Dans la commune, ce sont au total 35 hectares de cultures qui ont été envahis par les eaux et 13,9 tonnes de céréales emportés. Dans la région des cascades, la situation n’est guère meilleure.

A Younfila, dans la Léraba, des champs ont été inondés mais aussi 40 tonnes de semences de maïs et 2 autres de niébé. Les eaux ont coupé Douna de Sindou, et ont occasionné dans ce village, des chutes de maisons. Le tour d’horizon est déconcertant, mettant ainsi à l’épreuve les structures chargées de secourir d’une manière ou d’une autre, les populations sinistrées.

C’est le cas de la Brigade nationale des sapeurs pompiers (BNSP) des villes qui en disposent. Visiblement limités par le manque de matériel roulant et de sauvetage, les soldats du feu font néanmoins des pieds et des mains pour prioritairement protéger les personnes et ensuite, leurs biens en cas d’inondations. De plus, les services déconcentrés du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), ont toujours réagi en cas d’inondations, même si leurs réponses sont parfois en deçà des besoins des sinistrés (nattes, couvertures, vivres, savons…).

Les services régionaux et provinciaux de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, les autorités politiques et administratives contribuent eux aussi, à soutenir les populations dans leur peine, à travers des dons de vivres (le plus souvent). Au regard de la situation qui prévaut, les uns et les autres se convainquent à présent, que loin d’un verbiage creux, les changements climatiques sont réels et il faut vite agir.

Jean-Marie TOE

Sidwaya

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