Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina : Dr Pierre Englebert dresse un bilan amer

L’ambassade des Etats- Unis a organisé le 23 septembre dernier, une vidéo conférence sur le thème : « Cinquantenaire de l’Indépendance du Burkina et politique africaine des Etats-Unis ». 50 ans après les indépendances africaines, c’est un bilan amer qu’a dressé le conférencier depuis Bordeaux.

 

La plupart des Etats africains célèbrent en cette année 2010, le jubilé d’or de leurs indépendances. Moments de grandes célébrations mais aussi et surtout de bilan, l’ambassade des Etats- Unis au Burkina apporte sa contribution au débat. Elle a convié le 23 septembre, journalistes, étudiants et autres à une vidéo conférence sur le thème, « Cinquantenaire de l’Indépendance du Burkina et politique africaine des Etats-Unis ». Cette vidéo conférence était animée par le docteur Pierre Englebert depuis Bordeaux en France.

D’entrée de jeu le conférencier a précisé les dimensions de la politique extérieure américaine : promotion de la démocratie, recherche des ressources, promotion de la croissance, sont entre autres les bases sur lesquelles se bâtit la politique extérieure américaine vis- à- vis de l’Afrique. Pierre Englebert note par ailleurs le statut particulier du Burkina Faso en ce sens que le pays ne dispose pas de ressources naturelles importantes mais constitue une position stratégique dans la résolution des conflits, la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme (cas d’Al-Qaïda au Magrheb islamique). Franc et direct, le conférencier a affirmé que les effets de la politique américaine en Afrique sont faibles. Selon lui, l’Afrique n’est pas une priorité pour les Etats- Unis et il ne note pas de grandes différences entre la politique de Georges Bush et celle de Barack Obama envers l’Afrique.

Du bilan du Burkina Faso 50 ans après son indépendance, le diagnostic du Dr Englebert est sans appel : « c’est un échec en général. C’est pire que ça ne devait l’être », a- t- il avoué. Il regrette que cinquante ans après, l’Afrique n’ait pas les moyens de sa croissance et les gouvernements africains n’arrivent pas à servir l’émancipation de leurs peuples. Concernant le Burkina Faso spécifiquement, le conférencier affirme que « des années 60 aux années 80 le Burkina Faso était unique.

Il y avait une dignité, une intégrité unique, une vie politique démocratique ; ce qui n’était pas le cas des autres pays africains ». Il cite l’exemple de l’élection présidentielle de 1978 où le président Lamizana était mis en ballotage par Macaire Ouédraogo. Mais après les années 80, c’est l’entame de « l’érosion de l’originalité politique du Burkina Faso ». Selon lui, le Burkina Faso est devenu comme les autres pays africains où la corruption règne et la vie politique est à sens unique malgré les élections.

A l’issue de son exposé, le conférencier s’est prêté aux questions de l’assistance. Unanimement, les intervenants reconnaissent la justesse du bilan amer du cinquantenaire des indépendances africaines qu’il a dressé. Le Docteur Pierre Englebert est professeur dans le département « Politique » à l’université de Pomone en Californie où il enseigne la politique comparative de l’Afrique, l’économie politique du développement, les statistiques pour les besoins politiques et les relations internationales.

Koundjoro Gabriel Kambou

Lefaso.net

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