CONTRACEPTION EN AFRIQUE : Ces pesanteurs inhibitrices

Le monde entier a célébré, hier 26 septembre, la Journée mondiale de la contraception. Dans la plupart des pays africains, l’événement est passé pratiquement inaperçu. D’ailleurs, le mot contraception ne fait plus, contrairement à quelques années plus tôt, l’objet d’autant d’attention et de spéculations que le mot Sida ; bien que le second ne soit qu’une conséquence de la non-application de l’une des méthodes du premier, à savoir le port du préservatif au cours du rapport sexuel. On assiste ainsi, malgré les efforts de certaines ONG et associations, à une recrudescence du phénomène des grossesses non désirées qui conduisent bien souvent à l’avortement clandestin, à l’abandon des enfants et parfois au décès de la jeune fille. Mais alors, pourquoi une telle négligence alors que le problème est plus que jamais crucial ?

Puisque c’est l’autre moitié du ciel, la femme, qui en est la principale victime, le garçon, après sa forfaiture, se la coulant généralement douce, faut-il y voir une phallocratie manifeste ? Cette hypothèse n’est pas à exclure mais il y a aussi d’autres pesanteurs inhibitrices au nombre desquelles figurent en bonne place celles socioculturelles. Pour beaucoup de parents en Afrique, il est à la fois aberrant et abominable de parler de sexualité aux enfants. Ces conceptions culturelles qui font du sexe un sujet tabou empêchent les parents de comprendre qu’à d’autres temps, correspondent d’autres moeurs. Si fait qu’ils n’entendent tolérer pour rien au monde que leurs rejetons leur parlent de préservatifs, de pillules et d’autres méthodes de prévention des grossesses.

En outre, la position des religions sur la question de la contraception ne souffre pas d’ambiguïté : l’abstinence et la fidélité jusqu’au mariage ou rien. Or, ces différentes religions, tout en condamnant le port du préservatif au cours des rapports sexuels comme moyen de prévention des grossesses non désirées et du VIH/Sida, ne sont pas parvenues, jusque-là, à proposer une autre alternative adéquate qui puisse contrer le mal, l’abstinence tant préconisée ayant montré ses limites. L’absence de programmes scolaires sur la question est aussi une lacune grave. Il n’est point utile de démontrer que l’éducation sexuelle, pour avoir suffisamment son sens, devrait être donnée aux élèves.

Or, dans les programmes scolaires de la plupart des pays africains, il n’est très souvent pas fait cas de cette éducation sexuelle en général, de la pratique des méthodes contraceptives en particulier. Par ailleurs, certaines élites politiques ne donnent toujours pas le bon exemple. En effet, il est arrivé que des dirigeants africains fassent preuve de légèreté dans leur conduite, ainsi que l’a démontré l’affaire de moeurs concernant Jacob Zuma. Si celui-là même qui est censé servir de modèle à la jeunesse devient lui-même une personne à raisonner, il est très peu de dire qu’il y a péril en la demeure. Au total, la non-observation de la contraception en Afrique est un problème aux multiples facettes dont la résolution interpelle toutes les couches socioculturelles et confessionnelles, mais les dirigeants en premier chef.

Boulkindi COULDIATI

Le Pays

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