Dans la guerre contre le terrorisme, les États africains doivent-ils OUI ou NON accepter des bases étrangères sur leurs territoires ?

A la faveur des audaces d’AQMID dans le Sahel, le souci de coordonner les actions internationales pour lutter contre le mouvement terroriste a conduit la France à pré-positionner des militaires français du Commandement des Opérations Spéciales (COS) dans plusieurs Etats africains. Comme il fallait s’y attendre, la contestation n’a pas manqué de s’allumer automatiquement opposant les Pour et les Contre. Tomi et Tozi ne sont pas les moins acharnés à s’étriper dans cette polémique. Deux sons de cloche.

 

LE RENFORCEMENT DE LA COOPERATION INTERNATIONALE CONTRE AQMID EST UNE NECESSITE

Il y a des défis qui, par leur nature, ne peuvent être combattus et encore moins relevés, par un seul Etat. C’est cette donnée qui, ces dernières décennies, s’impose de plus en plus comme une des nouvelles réalités de la vie de nos Etats. Les problèmes de la drogue, du Sida, de la dissémination des armes atomiques, de la pollution, du terrorisme… ne peuvent être réglés par les Etats pris individuellement, quelle que soit leur puissance. Les Etats du Sahel sont d’autant plus portés à miser sur l’internationalisation du combat contre le terrorisme qu’ils sont faibles et que certains d’entre eux, même, sont insuffisamment caractérisés en tant qu’Etat. La solidarité, compte tenu des méthodes de lutte d’AQMID, est la moindre des réactions à laquelle on doit s’attendre de la part des Etats. Si les Français ont choisi la solution militaire pour régler les problèmes de prise d’otage, c’est tout simplement parce qu’ils ont compris qu’il est impératif de détruire cette vermine d’AQMI et vite.

Avant qu’elle ne transforme le Sahel en territoire de guerre, où les forces internationales viendront prendre siège, comme de nos jours en Irak et en Afghanistan avec tous les désagréments qui s’y attachent. Il faut donc non seulement que la coopération régionale, dans ce domaine, progresse (même plus vite que celle liée à l’économie et à la monnaie) mais que l’on porte au plan international la collaboration pour avoir des réponses plus positives contre ce mouvement terroriste. Il y a beaucoup plus à perdre qu’à gagner en laissant ce cancer se généraliser dans la sous région. Même si la guerre n’est pas la seule solution contre le terrorisme, elle en fait partie. C’est pourquoi, on ne doit éprouver aucun d’état d’âme à voir des Français débarquer avec matériel de guerre et combattants spécialisés, dans la lutte anti-terroriste, dans la sous région. Je trouve même que les USA, les Chinois, devraient venir prêter main forte aux Français pour qu’on vienne à bout très rapidement de ces quelques 300 individus qui, sous prétexte de servir Dieu, s’emplissent les poches, se livrent aux commerces illicites les plus innommables et qui plus est, en tuant froidement et atrocement, des innocents.

Les critiques contre cette présence militaire de la France sont tout à fait ridicules : on oublie que plusieurs fois dans l’Histoire, des clans, des Etats, se sont prêté main forte pour faire face à un danger commun. Les forces d’interposition, d’intervention, de maintien de la paix… découlent de cette nécessité que, devant un péril collectif international grave, un Etat peut accepter ou même être contraint d’accepter des bases étrangères pour un temps sur son sol. Et puis, qui perd si les investisseurs étrangers quittent nos pays à cause de ces menaces là ? Que fera-t-on quand nos propres ressortissants seront des cibles du réseau terroriste ? Rien ! C’est là que sa souveraineté sera vraiment menacée dans tous ces Etats.

TOMI


IL NE FAUT PAS ACCEPTER DES BASES MILITAIRES DANS NOS PAYS POUR CONTRER LE TERRORISME

L’accueil des forces militaires françaises dans nos pays est une erreur grave que nous risquons de payer très cher. Il est marqué par l’impréparation et comporte beaucoup de risques. La France sarkozienne a vraiment le goût de la bravade inutile. Il n’y a même pas deux mois, l’otage d’AQMI, Michel Germaneau a été trucidé par ses bourreaux après que Paris ait décidé d’affronter à la hussarde les preneurs d’otages : « Sarkozy n’a pas seulement échoué à libérer son compatriote dans cette opération manquée, mais il a sans aucun doute ouvert l’une des portes de l’enfer pour lui, son peuple et sa nation. Nous annonçons avoir exécuté l’otage français dénommé Michel Germaneau samedi 24 juillet pour venger nos six frères tués dans la lâche opération de la France » (in Le Point du 26-07-2010).

Et nous, nous allons nous retrouver avec cette France, embarqué dans une guerre contre laquelle les moyens de lutte classique sont inopérants. AQMID va maintenant frapper indistinctement sur nos populations, nos infrastructures, nous considérant comme des « collabos ». Ensuite, tant qu’à faire la guerre, il faut s’en donner les moyens. Ce ne sont pas quelques éléments dispersés au Niger, au Burkina, en Mauritanie, qui pourront venir à bout de ce terrorisme qui a pris pied au Sahel. En Somalie, qu’a-t-on pu faire contre les Shebabs et les membres d’Hezb al-Islam ? En Irak et surtout en Afghanistan, a-t-on pu les éradiquer les fous de Dieu ? Pourtant, ce sont des coalitions d’Etats militairement et économiquement forts qui sont à la manœuvre dans ces régions. Autre considération : l’aspect économique et social n’est pas suffisamment intégré dans cette guerre totale. C’est parce qu’il y a des analphabètes, des pauvres, des désespérés en nombre grandissant que le Djihad trouve des recrues.

Si sans se doter des moyens conséquents, on s’enrôle dans cette guerre contre le terrorisme, les éléments d’AQMID vont frapper sur nos infrastructures ; ils vont tuer dans l’œuf le tourisme (pas moins de 400.000 touristes chez nous, 900.000 au Sénégal, par exemple), et bonjour la multiplication des facteurs de troubles et de fractures sociales et nationales de toutes sortes. Enfin, pour engager une telle bataille, le minimum, c’est de rassembler à l’intérieur de ses propres frontières, les opinions ; c’est de réussir une sorte d’union sacrée. Nos Etats ont fait fi de tout cela, obéissant sans rechigner comme à l’époque de la colonisation, au grand maître, une fois qu’on leur a demandé de l’espace pour débarquer des hommes et des armes. On se demande pourquoi il y a des assemblées nationales, pourquoi il y a des partis politiques. Le prétexte de la discrétion est ici inopérant puisque même en France, on parle plus de cette affaire dans les médias internationaux et nationaux que chez nous. C’est dire que la mèche était déjà vendue, rendant vaine, toute tentative de conserver le secret pour l’efficacité.

TOZI

San Finna

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