Visa américain : La loterie sera lancée le 5 octobre prochain

Les Etats-Unis d’Amérique lancent à parti du 5 octobre et ce jusqu’ au 3 novembre 2010 la loterie Visa Diversité (DV Lottery) visant à donner la chance aux personnes désireuses de résider et de travailler aux USA de le faire. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’ambassade du Pays de l’Oncle Sam au Burkina informe le public de l’ouverture de la loterie. Elle précise également les conditions ainsi que les étapes pour l’inscription.

« L’inscription pour la loterie visa américaine commence le 5 octobre ! Il n’y a qu’une seule loterie visa et le seul moyen de s’inscrire est sur le site www.dvlottery.state.gov. L’Ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou est heureuse d’annoncer le lancement officiel de la loterie Visa Diversité (DV Lottery) dont la période s’étend du 5 octobre 2010 à 16 heures TU au 3 novembre 2010 à 16 heures TU. Ce programme annuel permet la délivrance de visas de résidents permanents aux personnes satisfaisant à certaines conditions d’admissibilité simples mais strictes.

La loterie Visa Diversité a été mise en place par le gouvernement des Etats-Unis pour augmenter la diversité de la population américaine en offrant la possibilité à des ressortissants de pays connus pour leur faible taux d’immigrants aux Etats-Unis, d’y immigrer et résider. Cette année encore, les ressortissants du Burkina Faso sont éligibles pour prendre part au programme DV.

Les Burkinabè pourront se référer au site web de l’Ambassade américaine, http://ouagadougou.usembassy.gov pour de plus amples informations. Le site internet du Département d’Etat, www.dvlottery.state.gov, est la seule source pour l’inscription à la loterie et pour la vérification du statut de votre demande. Les instructions officielles et détaillées sont uniquement disponibles sur ce site et sur celui de l’Ambassade des Etats-Unis. La nouveauté cette année c’est que le Département d’Etat n’enverra plus les notifications de présélection par courrier postal. Les personnes inscrites devront vérifier si elles ont été sélectionnées en ligne sur www.dvloterry.state.gov en utilisant le numéro de confirmation obtenu à la fin de l’inscription.


Quelques règles à retenir

·Une personne ne peut avoir qu’une demande en tant que demandeur principal.

·Le demandeur principal devrait avoir le Baccalauréat pour être considéré éligible.

·Il faut inclure tous les membres de la famille à l’inscription, même s’ils n’ont pas l’intention d’immigrer aux Etats-Unis avec le demandeur principal.

Cette année enfin, la période d’inscription ne durera que 30 jours, et l’Ambassade anticipe une forte utilisation du système de remplissage en ligne. Par conséquent, elle exhorte les demandeurs à s’inscrire bien avant la fin de la période indiquée. Lors des éditions précédentes certains demandeurs n’ont pas pu s’inscrire pour la loterie à cause de la lenteur du système, occasionnée par la très forte demande des derniers jours de la période d’inscription.

Il est donc très important de s’inscrire tôt, car aucune inscription ne sera acceptée après 16h00 à la date du 3 novembre, qu’il y ait ou non des lenteurs du système pendant la période d’inscription. L’Ambassade voudrait insister sur le fait qu’il n’y a pas de frais à payer pour l’inscription pour la loterie Visa Diversité et ajoute que ceux qui s’inscrivent ont tous les mêmes chances de présélection. Le gouvernement des Etats-Unis n’utilise ni de consultants externes ni de services privés pour gérer le programme DV. En raison des possibilités d’arnaques ou d’usurpation d’identité, l’Ambassade encourage les personnes désirant s’inscrire à gérer eux-mêmes tout le processus.

Visitez http://ouagadougou.usembassy.gov pour en savoir plus ».

Fasozine

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HAMA AMADOU, ANCIEN PREMIER MINISTRE DU NIGER : « L’enlèvement des travailleurs d’Areva m’a choqué »

L’ancien Premier ministre du Niger, Hama Amadou, est l’un des prétendants sérieux à la prochaine présidentielle nigérienne. Nous avons profité de son passage à Bamako, lors du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, pour faire un tour d’horizon de l’actualité de son pays, partagée entre espoirs d’un retour à la vie constitutionnelle normale et recrudescence des actes de terrorisme.

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Le Pays" : Monsieur le Premier ministre, comment avez-vous trouvé l’organisation des festivités du cinquantenaire du Mali ?

Hama Amadou : J’ai observé que c’est une fête grandiose. Tout le Mali s’est mobilisé pour marquer de manière significative les 50 années de son indépendance. Je pense que pour le peuple malien, c’est une occasion pour renforcer son unité et regarder, après avoir fait le point de l’évolution depuis 50 ans, vers l’avenir avec encore plus de courage et de détermination.

Comment trouvez-vous le Mali, 50 ans après son indépendance, sur le plan politique et économique ?

Je pense que le Mali est un pays qui avance. Il suffit d’observer le rythme des investissements à travers tout le pays. C’est un pays qui est en marche mais qui a également de grands défis à relever. Car malheureusement, en Afrique d’une manière générale, le développement se réalise par à-coups : on avance, on recule. Cela parce que le contexte international n’est pas très favorable pour la plupart des pays en développement. Le système ne favorise pas l’émergence. Des difficultés énormes parsèment le parcours des pays africains. L’un dans l’autre, on peut dire que le Mali, tant bien que mal, tire son épingle du jeu. Et cela est une bonne chose pour le pays et pour la sous- région.

Comment avez-vous vécu la dernière prise d’otages survenue dans votre pays ?

Douloureusement. J’ai été vraiment choqué de constater que des gens peuvent être enlevés au Niger. La manière dont les choses se sont déroulées signifie qu’il y a eu des complicités locales. Et c’est en cela que je ressens douloureusement cette affaire parce que l’hospitalité est, dans les pays africains en général, une marque distinctive de nos peuples. Or, livrer des étrangers qui vivent sur votre sol, ne me paraît pas très glorieux pour notre pays. Et c’est pour cela que j’en souffre. Mais il est évident également qu’il y a une faiblesse dans le système de sécurité qui a permis l’infiltration des complices et des responsables de ces enlèvements. Cela dénote un excès de confiance dans la sécurité qui prévalait dans le pays. Je pense qu’à partir de maintenant, AREVA prendra certainement des dispositions plus rigoureuses et l’Etat du Niger aussi. L’Etat du Niger, de mon point de vue, s’était beaucoup trop fié au système de sécurité mis en place par AREVA. Je pense que dorénavant, l’Etat prendra également des mesures pour que de tels faits ne se renouvellent pas. Je le souhaite vivement.

La France a réagi en déployant dans certaines capitales de la sous- région, des moyens militaires. Est-ce la meilleure stratégie pour venir à bout des groupes terroristes ?

Je crois sincèrement qu’avec les prises d’otages, il ne s’agit pas de brandir une menace militaire. Il faut pouvoir discuter, apaiser les tensions qui sont à la base de ces enlèvements répétitifs et trouver un compromis pour que ceux qui ont été enlevés puissent s’en sortir indemnes. De l’autre côté, c’est sur le plan de la sécurité des Etats en bordure du Sahara que globalement des mesures d’ensemble doivent être prises dans un cadre de coopération. Cela afin que les zones dans lesquelles tous ces trafiquants circulent, puissent être véritablement sous le contrôle des Etats. Aujourd’hui, le gros problème, c’est qu’on a l’impression que les Etats riverains du Sahara ne contrôlent pas parfaitement les zones désertiques où sévissent ces maux. C’est en cela qu’une coopération plus organisée entre les Etats membres, non pas en terme de présence de personnel militaire étranger, mais de soutien logistique, matériel et en équipements, pourrait aider à faire face à cette insécurité qui a tendance à se développer dans la sous- région.

A quelle étape du processus de restauration de l’ordre constitutionnel est-on au Niger ?

La transition doit durer 12 mois. La commission électorale indépendante a été installée ; elle a procédé au recensement complémentaire des Nigériens en âge de voter et de tous ceux qui avaient été oubliés lors du précédent recensement ; elle a élaboré son programme avec un calendrier dont les dates ont été publiées ; elle continue d’essayer de mobiliser les ressources financières nécessaires à l’organisation des élections dans les délais. Les partis politiques vaquent à leurs activités habituelles sans aucun problème. Je peux donc dire que globalement, l’état d’esprit général est inscrit dans la logique des élections à la fin de l’année.

Avec le recul, à quoi attribuez-vous la motion de censure contre votre gouvernement et les accusations de détournement contre votre personne ? A la vivacité de la démocratie nigérienne ou à une machination politique ?

La motion de censure qui a fait tomber mon gouvernement en 2007 a fait dire que c’est le signe d’une démocratie vivante qui se joue normalement dans un pays qui prétend être démocratique. Ensuite, dans une seconde phase en 2008, un processus de mon élimination de la scène politique avait été engagé avec des complicités au sein de toute la classe politique. Parce que j’étais gênant pour le président Tandja, et pour tous les candidats potentiels à la succession de Tandja. Tous, pour des raisons plus ou moins personnelles, avaient intérêt à me voir sortir par tous les moyens de la scène politique. Avec la mise en accusation, je m’étais donc retrouvé dans une prison de haute sécurité au prétexte que j’aurais détourné une somme de 100 millions de FCFA en 2001. Mais évidemment tout cela procède d’une machination politique visant à m’empêcher par tous les moyens d’être présent sur la scène politique. Pour Tandja, au moment où il lancerait son projet de tazartché ( ndlr : mouvement créé pour permettre à Tandja de rester au pouvoir au-delà de son mandat légal) et pour les autres dans le but de m’empêcher d’être candidat à l’élection présidentielle. Voilà ce qui s’est passé. Mais les hommes proposent et Dieu dispose.

Croyez-vous pouvoir réunir l’opposition autour de votre candidature ?

Ici, il ne s’agit pas de mobiliser l’opposition au profit d’un candidat ou d’un autre. Au contraire, l’ensemble des partis politiques opposés au projet de Tandja, se sont retrouvés dans une coalition qui vise à conquérir le pouvoir mais dans une forme libérale. Chaque leader de parti membre de cette alliance est libre de se présenter aux élections. L’essentiel, puisque nous sommes dans un régime semi-présidentiel, c’est que ces partis forment une majorité parlementaire qui dirigera le pays avec le chef de l’Etat élu. A ce niveau, chacun va donc tenter sa chance. Et comme les autres, évidemment, je me suis inscrit dans la logique d’être candidat. Je pense que mes chances sont grandes et je vais faire le maximum pour gagner.

Que pensez-vous de l’opinion qui veut que le parti de l’ancien président Tandja soit dissous ?

Il ne faut pas le dissoudre. Il faut donner la possibilité au peuple nigérien de le sanctionner électoralement. Maintenant, tous les hommes politiques qui ont soutenu le projet de violation de la Constitution et toutes les triturations malhonnêtes qui ont marqué le recul de la démocratie au Niger en 2009, doivent répondre au même titre que Tandja, de mon point de vue, de cette haute trahison envers le peuple nigérien en passant devant les tribunaux. C’est pour le principe qu’il faut qu’ils soient jugés. Je fais donc la distinction entre le parti politique et les hommes politiques appartenant à ces partis et qui se sont rendus complices de ces actes de forfaiture à l’égard du peuple nigérien. Il faut laisser le soin au peuple nigérien de dire que les partis qui collaborent à la violation de la Constitution de la république ne sont pas dignes de leur confiance. C’est en cela que le parti aura été sanctionné. Mais si de manière autoritaire on procède à sa dissolution, c’est peut-être parce qu’on craint la réémergence de ce parti. Cela veut dire que le peuple n’aura pas compris et sanctionné ce parti. Je préfère la formule où c’est le peuple qui doit sanctionner le parti.

Avez-vous foi en l’impartialité de la junte dans la conduite de la transition ?

En tout cas, s’il faut se fonder sur ce qu’ils ont fait jusqu’à présent, ils ont très précautionneusement tenu à l’écart de la transition l’ensemble des partis politiques. Même si à certains égards, on constate que des hommes politiques qui ont été cooptés- peut-être parce que les militaires ne les connaissent pas- appartiennent à des formations politiques. Ce qui pourrait laisser penser, que ces gens se mettront au service de leurs partis. Mais quand on observe les militaires qui sont détenteurs du pouvoir d’Etat, jusqu’à présent, ils ne se sont pas laissés infiltrer, manipuler, par la classe politique. Ils se tiennent à l’écart de la classe politique. Ce qui peut du reste, à terme, présenter un inconvénient. Car ce sont quand même les hommes politiques qui sont appelés à succéder à la junte. Il ne serait pas mauvais qu’une sorte d’échanges afin que le processus commencé maintenant puisse se perpétuer dans les meilleures conditions après les élections. En dehors de cela, on peut considérer que les militaires essaient d’être les plus neutres possible.

Quelles relations entretenez-vous aujourd’hui avec le chef de l’Etat burkinabè ?

Le président Compaoré a toujours été un chef d’Etat qui est resté très proche du Niger. C’est l’un des chefs d’Etat qui connaît et qui comprend le mieux les réalités politiques nigériennes. Il a beaucoup de relations personnelles avec de nombreux membres de la classe politique nigérienne dont moi personnellement. Nous l’apprécions beaucoup dans tout ce qu’il fait et particulièrement pour la stabilité dans la sous- région. En ce qui concerne l’opposition nigérienne, que nous avons animée pendant la période du tazartché, la contribution du président Compaoré pour ramener le pays dans la démocratie a été éminemment significative. Je voudrais donc en profiter pour le remercier et avec lui le peuple burkinabè.

Propos recueillis à Bamako par Mahorou KANAZOE

Le Pays

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Lutte contre le mariage précoce : Naaba Kiiba de Manga officialise son engagement

Le projet « Mettre fin au mariage précoce au Burkina » a organisé, le mardi 21 septembre 2010 à Manga, chez le Chef dudit, Naaba Kiiba, une rencontre de plaidoyer au profit des leaders coutumiers et religieux sur le fléau du mariage précoce dans la région du Centre-Sud. L’objectif était de faire de ces chefs, des alliés dans la lutte contre cette pratique.

Après Boussouma dans le Centre-Nord, ce sont les chefs coutumiers et religieux de Manga Centre-Sud qui ont été sensibilisés sur les conséquences du mariage précoce des adolescentes. Les échanges se sont déroulés dans la cour de Naaba Kiiba, chef de Manga. Selon les responsables du projet « Mettre fin au mariage précoce au Burkina », la rencontre a pour objectif général de « susciter l’adhésion et l’implication des leaders coutumiers et des autorités religieuses dans la lutte contre le mariage précoce ».Ce but a été atteint à Manga avec l’engagement solennel du chef coutumier de la localité.

Avant cette prise de position pour les droits des jeunes filles, les participants ont pris connaissance, via les conclusions d’une enquête réalisée dans la zone, de l’ampleur de la pratique du mariage précoce dans la région du Centre-Sud. S’appuyant sur les grandes lignes de l’enquête, le conseiller technique national du projet, Thomas Balima, a affirmé que le mariage précoce est une pratique courante en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier. « Selon une enquête réalisée par l’INSD /UNICEF, en 2008 au Burkina, parmi les femmes de 15-19 ans, 23% sont déjà mariées ou vivent en union libre dont 30,9% d’entre elles sont en milieu rural contre 9,5% en milieu urbain », a-t-il expliqué.

Selon le code des personnes et de la famille, le mariage est qualifié de précoce chez la fille lorsqu’il est contracté à moins de 17 ans. Pourtant, les habitants de la localité qualifient plutôt de précoce, un mariage contracté avant 15 ans. En milieu urbain, c’est le mariage contracté avant l’âge de 16 ans qui est considéré comme précoce contre 14 ans en milieu rural où « on se réfère uniquement à la maturité de la fille (développement des seins, apparition des règles) ».

Il est également ressorti de l’enquête « une prédominance du mariage coutumier, religieux ou les unions libres dans les localités enquêtées ». « Dans la région du Centre-Sud, c’est le don de fille qui est plus pratiqué (opportunités pour les parents de bénéficier de certains avantages : assistance dans les travaux champêtres et don de cadeaux au père et à la famille de la fille », a précisé M. Balima.

52,4 % des personnes interrogées dans le Centre-Sud ignorent que « la loi prévoit un âge légal au mariage pour les filles et les garçons ».Plusieurs raisons sont évoquées dans le document pour expliquer l’étendue du mal dans la région : la précarité des conditions de vie des parents, la crainte de grossesse hors mariage des adolescentes (considérée comme un déshonneur pour les parents de la jeune fille),la conservation de la virginité de la jeune fille jusqu’au mariage, le désœuvrement de la jeune fille, etc.

Quelques points marquants de l’intervention du conseiller technique national ont été l’énumération des effets néfastes du mariage précoce. Sur le plan sanitaire, l’adolescente précocement mariée est exposée aux grossesses précoces, à une mortalité maternelle et infantile, aux fistules obstétricales, aux IST / VIH / Sida.

Les conséquences du mariage précoce

La plupart de ces filles sont, parlant du plan éducatif, des exclues du système éducatif. Elles ne vont pas à l’école ou sont déscolarisées. Dans le domaine socio-familial, ces adolescentes vivent dans des ménages polygames avec des hommes 3 à 4 fois plus âgés qu’elles. Elles sont aussi victimes de violences physiques et morales, etc. Economiquement, elles sont inexistantes et exposées à la pauvreté.

C’est pourquoi selon le conseiller technique régional, Halidou Bansé, le but du projet est « d’augmenter la sécurité humaine des adolescentes qui sont soit mariées ou courant le risque d’un mariage précoce dans 24 localités (village de petite et moyenne taille)dans 5 régions à travers une approche multisectorielle intégrée pour améliorer l’éducation, la santé et le statut social ». Débuté en avril 2009, le projet a surtout concerné Manga et Gogo dans la province du Zoundwéogo .Quant à la représentante adjointe de l’UNICEF, Sylvana Nzirorera, parlant au nom des partenaires techniques et financiers « Au Burkina Faso, les chiffres parlent d’eux-mêmes comme l’a évoqué le responsable du projet.

A peu près la moitié des 2 750 000 enfants (1,345 millions de filles) d’âge scolaire n’ont pas accès à l’éducation, la grande majorité sont des filles… ». Mme Nzirorera a déploré le fait que « Beaucoup de parents dans la région du Centre-Sud n’envoient pas leurs filles à l’école. Ils encouragent aussi leur mariage alors qu’elles sont toujours des enfants ». Et de prévenir « Non seulement le mariage des mineurs est une violation des droits humains, mais il met en danger la vie de la jeune fille dont le corps est trop jeune pour porter une grossesse et pour donner la vie.

Les risques de mort pour la jeune maman et le bébé sont très élevés ».Toutefois les efforts du gouvernement burkinabè sont, a-t-elle souligné, salués par le système des Nations unies dans le cadre de la promotion de la convention relative aux droits de l’enfant. Pour l’inspectrice générale du ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale (MASSN), Noélie Kangoye, « Il est nécessaire d’avoir et d’établir un accord de collaboration avec les leaders coutumiers et religieux influents des zones d’intervention du projet, afin d’obtenir leur soutien et recueillir la volonté sociale et culturelle pour l’application et le respect des lois existant en matière de droits humains des filles ». Le dernier de la cérémonie a été la prise de l’engagement solennel des participants au plaidoyer pour éliminer le mariage précoce dans le Centre-Sud.

Les représentants des musulmans et des femmes puis des chefs de village et de canton se sont engagés devant les responsables et le Manga, Naaba Kiiba. Celui-ci a, verbalement et par écrit, réitéré cet engagement, à éradiquer le phénomène sous toutes ses formes.

Alassane KERE

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Création artistique et changement social : le Pr Mahamadé Sawadogo en parle au 2e Forum national des créateurs

La fédération du Cartel et le mouvement des intellectuels sur la liberté ont organisé le 25 septembre dernier à la salle de conférences du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) de Ouagadougou, le deuxième forum national des acteurs de la culture. La rencontre était placée sous le thème « Création et changement social » qu’a développé le Pr Mahamadé Sawadogo, enseignant-chercheur titulaire en philosophie morale et politique de l’université de Ouagadougou.

Une cinquantaine de minutes. C’est le temps qu’a pris le Pr Mahamadé Sawadogo, professeur titulaire de philosophie morale et politique de l’Université de Ouagadougou, pour développer le thème du 2e Forum national des acteurs de la culture, à savoir : « Création et changement social ». Le conférencier a axé son intervention sur 3 points essentiels. Dans une première partie intitulée « la dimension collective du changement social », il a montré en quoi il y a une différence entre la création qui est un acte individuel et le changement social impliquant de nombreux acteurs de la collectivité.

Dans une deuxième section appelée « l’inscription de la création dans la confrontation sociale », Pr Sawadogo a démontré le fait que le créateur n’est pas extérieur à la société, et qu’une fois que l’œuvre est produite, elle est destinée à la consommation au sein de la société. Mieux, chaque changement social, aux dires du conférencier, a un volet culturel. Vu sous cet angle, les créateurs, les artistes peuvent être considérés comme des acteurs à part entière des changements sociaux. Ainsi, la Révolution française de 1889 a ses origines culturelles. Toutefois, tempère Mahamadé Sawadogo dans une 3e et dernière partie intitulée « la contrainte de l’organisation du mouvement social », une œuvre artistique n’entraîne pas systématiquement un changement social.

Dans la mesure où le changement social est le résultat d’un combat de plus ou moins longue durée sous-tendu par un idéal des acteurs, organisés en vue d’obtenir le changement. Si l’œuvre artistique vise un changement, celui-ci n’est pas toujours du même ordre que le changement social ou politique. Les créateurs le plus souvent veulent le changement pour le changement, sans un idéal. De cette façon, leur propension à produire du nouveau pour changer se retrouve en fin de compte récupérée par la société de consommation, par un groupe d’acteurs sociaux ayant du goût.

C’est pourquoi, le conférencier a conclu, en disant que la grandeur d’une œuvre artistique réside moins dans l’évasion, qu’en ses capacités à permettre au public d’affronter les problèmes, la réalité. Car, c’est en cela que réside véritablement le rapprochement entre la création et le changement social.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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CONTRACEPTION EN AFRIQUE : Ces pesanteurs inhibitrices

Le monde entier a célébré, hier 26 septembre, la Journée mondiale de la contraception. Dans la plupart des pays africains, l’événement est passé pratiquement inaperçu. D’ailleurs, le mot contraception ne fait plus, contrairement à quelques années plus tôt, l’objet d’autant d’attention et de spéculations que le mot Sida ; bien que le second ne soit qu’une conséquence de la non-application de l’une des méthodes du premier, à savoir le port du préservatif au cours du rapport sexuel. On assiste ainsi, malgré les efforts de certaines ONG et associations, à une recrudescence du phénomène des grossesses non désirées qui conduisent bien souvent à l’avortement clandestin, à l’abandon des enfants et parfois au décès de la jeune fille. Mais alors, pourquoi une telle négligence alors que le problème est plus que jamais crucial ?

Puisque c’est l’autre moitié du ciel, la femme, qui en est la principale victime, le garçon, après sa forfaiture, se la coulant généralement douce, faut-il y voir une phallocratie manifeste ? Cette hypothèse n’est pas à exclure mais il y a aussi d’autres pesanteurs inhibitrices au nombre desquelles figurent en bonne place celles socioculturelles. Pour beaucoup de parents en Afrique, il est à la fois aberrant et abominable de parler de sexualité aux enfants. Ces conceptions culturelles qui font du sexe un sujet tabou empêchent les parents de comprendre qu’à d’autres temps, correspondent d’autres moeurs. Si fait qu’ils n’entendent tolérer pour rien au monde que leurs rejetons leur parlent de préservatifs, de pillules et d’autres méthodes de prévention des grossesses.

En outre, la position des religions sur la question de la contraception ne souffre pas d’ambiguïté : l’abstinence et la fidélité jusqu’au mariage ou rien. Or, ces différentes religions, tout en condamnant le port du préservatif au cours des rapports sexuels comme moyen de prévention des grossesses non désirées et du VIH/Sida, ne sont pas parvenues, jusque-là, à proposer une autre alternative adéquate qui puisse contrer le mal, l’abstinence tant préconisée ayant montré ses limites. L’absence de programmes scolaires sur la question est aussi une lacune grave. Il n’est point utile de démontrer que l’éducation sexuelle, pour avoir suffisamment son sens, devrait être donnée aux élèves.

Or, dans les programmes scolaires de la plupart des pays africains, il n’est très souvent pas fait cas de cette éducation sexuelle en général, de la pratique des méthodes contraceptives en particulier. Par ailleurs, certaines élites politiques ne donnent toujours pas le bon exemple. En effet, il est arrivé que des dirigeants africains fassent preuve de légèreté dans leur conduite, ainsi que l’a démontré l’affaire de moeurs concernant Jacob Zuma. Si celui-là même qui est censé servir de modèle à la jeunesse devient lui-même une personne à raisonner, il est très peu de dire qu’il y a péril en la demeure. Au total, la non-observation de la contraception en Afrique est un problème aux multiples facettes dont la résolution interpelle toutes les couches socioculturelles et confessionnelles, mais les dirigeants en premier chef.

Boulkindi COULDIATI

Le Pays

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Exorciste, enfer et contre tout : Les souvenirs de l’exorciste du Vatican

Père Gabriel Amorth JPEG - 20.2 ko

Chaque jour à 8h, le père Gabriele Amorth retrouve crucifix, étole et eau bénite à son bureau pour honorer ses dix-sept rendez-vous quotidiens. Le matin est réservé aux cas les plus difficiles. Car à 85 ans, l’exorciste en chef du Vatican, qui publie aujourd’hui ses Confessions (éd. Michel Lafon), a fort à faire.

En un quart de siècle d’exercice, il revendique 70.000 séances. Parmi elles, beaucoup se sont transformées en de véritables tête-à-tête avec Satan, via des patients vitupérant, rampant sur le sol ou crachant des clous.

Témoins de la matérialisation du démon, le père conserve ainsi chez lui plus de deux kilos de métaux et de poupées en plastique apparus dans la bouche de ses patients.

Le soutien de Benoît XVI

L’époque, qui conjugue « déclin de la vie religieuse et émergence d’activités sataniques », selon Marco Tosatti, journaliste à La Stampa et auteur des entretiens, ne l’épargne pas.

Gabriele Amorth peut, en revanche, compter sur un soutien, et pas des moindres. Benoît XVI, comme Jean-Paul II en son temps, est favorable aux prières d’exorcisme. « Vous faites un travail utile et juste », lui aurait-il dit, raconte Marco Tosatti.

Méfiez-vous des belles-mères

Pas question pour autant de jouer au plus malin avec Satan. Comme pour une psychanalyse, « il est impossible d’exorciser contre la volonté du patient ». Les causes d’une possession sont, raconte Gabriele Amorth, aussi nombreuses que triviales.

Méfiez-vous des belles-mères, dit-il en substance. Attention donc à la part de tarte cassée ou à la boisson qu’elle vous tend avec un peu trop de zèle ! Car vous pourriez bien rejoindre la cohorte des possédés. A Paris, 2.000 séances d’exorcisme auraient été pratiquées cette année.

Ingrid Gallou


Lévitation, café maudit, enfant possédé… Souvenirs d’exorcisme

Extraits.

« Un exorciste réduit à l’état de serpillière par le démon » « J’ai toujours dit que le démon avait peur de moi, et j’ai toujours dit aussi : quand il me voit, il fait dans son froc. (…) Mais ça n’a pas toujours été le cas pour tout le monde… Je vous conseille de lire Cronista all’ inferno de Renzo Allegri. Un chroniqueur en enfer ! Il a rencontré ici, à Rome, un exorciste que le démon avait réduit à l’état de serpillière. Même physiquement. Il ne pouvait plus rien faire. »

Les possédés qui vomissent des clous et des poupées en plastique « J’en ai plus de deux kilos dans ma chambre. Des clous parfois longs comme ça (une dizaine de centimètres, d’après son geste), des poupées en plastique, des morceaux de fer… Divers objets. J’ai vu en les touchant avec la main que ces objets se matérialisent à la minute où ils sortaient de la bouche. De sorte que si l’on avait fait passer une radio au patient avant leur matérialisation, les rayons X n’auraient rien montré. »

Gare à la tasse de café ! « Les maléfices les plus répandus sont la tasse de café ou le dentifrice dans le chocolat… (…) Je dis toujours : "Faites attention, sachez bien à qui vous rendez visite. S’il s’agit d’une personne en qui vous n’avez pas confiance , dont vous redoutez qu’elle vous fasse du mal, méfiez-vous." Une part de tarte, un gâteau préparé séparément, une boisson. (…) Des maléfices fabriqués d’ordinaire avec du sang menstruel : il y a un lien avec la vie. Ou bien ils tuent des animaux, surtout des poulets, des chats et des chiens. Ils se servent de leur sang. Ils prennent aussi de la terre ramassée dans les cimetières. Ils en font des mélanges. On n’y voit que du feu. »

La lévitation, ce n’est que dans les films… « Ça m’est arrivé une fois. Une seule. Et pour dire la vérité, je ne m’en suis même pas aperçu ! Il recevait l’exorcisme assis et je ne faisais pas attention à lui, tant ma prière m’absorbait. Mais les autres m’ont prévenu : “Regardez, il s’élève !” Il lévitait à une hauteur de trente ou quarante centimètres. »

Des enfants possédés « Les cas d’enfants possédés ne sont pas rares non plus. Et même des bambins de deux ou trois ans… Imaginez un petit de deux ans qui refuse absolument de franchir le seuil de l’église, ne supporte pas la vue d’un prêtre, envoie promener toutes les images sacrées de la maison, entre dans des crises de fureur au cours desquelles ses forces décuplent… »

Catherine Fournier

http://www.20minutes.fr

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Terrorisme : AQMI et ses démembrements « locaux » ont déclenché les hostilités contre les intérêts français en Afrique de l’Ouest (2/2)

Mercredi 25 août 2010. XVIIIème conférence des ambassadeurs. Monsieur le président de la République s’adresse au Premier ministre, aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, au ministre des Affaires étrangères et européennes, à Mesdames et Messieurs les ministres, aux parlementaires et aux ambassadeurs. Après quelques généralités sur ces « moments de l’Histoire où le sort hésite entre le meilleur et le pire », Nicolas Sarkozy entre dans le vif du sujet. « Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs. La lutte contre le terrorisme demeure une priorité absolument majeure pour la France ».

Mercredi 25 août 2010. XVIIIème conférence des ambassadeurs. Monsieur le président de la République s’adresse au Premier ministre, aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, au ministre des Affaires étrangères et européennes, à Mesdames et Messieurs les ministres, aux parlementaires et aux ambassadeurs. Après quelques généralités sur ces « moments de l’Histoire où le sort hésite entre le meilleur et le pire », Nicolas Sarkozy entre dans le vif du sujet. « Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs. La lutte contre le terrorisme demeure une priorité absolument majeure pour la France ».

Al Qaïda, dit-il, occupe le terrain « dans un arc qui va du Pakistan au Mali ». Il dénonce la « barbarie de la branche maghrébine d’Al Qaïda [qui] s’est à nouveau illustrée avec le refus de toute négociation et l’assassinat de Michel Germaneau ». Il parle de l’assaut contre AQMI : « Pour la première fois, en juillet, un coup sévère a été porté aux terroristes grâce à une attaque menée par les forces mauritaniennes avec le soutien de la France. Je vous le dis : ce jour-là marque un tournant majeur. La seule stratégie ne peut pas consister à payer des rançons et à accepter de libérer des prisonniers en échange de malheureux innocents qui sont pris en otage. Cela ne peut pas être une stratégie ».

Personne n’est convaincu qu’un « coup sévère » ait été porté à AQMI lors d’une action militaire dont les zones d‘ombre sont considérables (cf. l’article publié par RAIDS dans son numéro daté de septembre 2010 : « Opérations contre-terroristes au Sahel »). Mais dans sa déclaration, le lundi 26 juillet 2010, Sarkozy avait été ferme : « Le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni ». Et, disait-on alors : « Paris réfléchit à la riposte ». On s’attendait donc à ce que la France montre ses muscles d’autant plus que Le Figaro dressait le portrait, dans son édition du lundi 13 septembre 2010, de l’EMP, l’état-major particulier du président.

C’est Benoît Puga, général cinq étoiles, qui a été nommé EMP le 6 mars 2010. Saint-Cyr, 2ème REP, Kolwesi, Liban, RCA, Tchad, Yougoslavie, patron du Commandement des opérations spéciales (COS), directeur du renseignement militaire (DRM) de juillet 2008 jusqu’à sa nomination à l’Elysée. « Un dur à cuire » écrit Isabelle Lasserre dans Le Figaro, un journal qui n’a pas de problème avec les « clichés » journalistiques. Puga a été en première ligne dans la mise en œuvre de l’opération militaire conjointe menée avec les Mauritaniens ; tout comme le général Frédéric Beth, patron du COS et frère de notre nouvel ambassadeur à Ouagadougou. Si Le Figaro évoquait le parcours de Puga, c’est qu’on allait voir l’Elysée rugir du côté du Sahel. « Pour que le crime commis contre Michel Germaneau ne reste pas impuni ».

Et boom. Hier matin, jeudi 16 septembre 2010, on apprend la « prise d’otages dans le fief d’Areva » (titre de Libération ce matin, vendredi 17 septembre 2010). Cinq Français, un Togolais et un Malgache, ont été capturés à Arlit. Sarkozy avait annoncé un « tournant majeur » (selon ses déclarations lors de la Conférence des ambassadeurs – cf. supra) avec l’attaque de la base de l’AQMI. L’enlèvement de cinq Français et de deux ressortissants africains francophones, est un autre « tournant ». Signé Abdelmalek Droukdal. Une déclaration de guerre !

Qui peut penser que l’opération menée dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, à Arlit, la ville sensée être la plus sécurisée de toute la zone sahélo-saharienne, ait été improvisée et que personne ni à Niamey ni à Paris n’ait rien vu venir ? Les otages ont été capturés directement dans leur maison (le couple « Areva ») ou au camp de base Vinci (Sogea-Satom). Ils sont 7. Comme les 7 « islamistes » tués lors de l’assaut du 22 juillet (AQMI aime les chiffres qui, comme chacun sait, sont… arabes !). Opération parfaite ; dans l’exécution comme dans la symbolique, Areva et Vinci étant deux fleurons industriels français et Arlit le pôle d’ancrage majeur du nucléaire français. Sale coup pour l’arrogance française (sale coup surtout pour les otages). Mais à force « d’appeler au loup » pour des raisons de politique intérieure, il fallait bien que l’Elysée et la place Beauvau le voit un jour, les yeux dans les yeux.

Dans cette affaire d’instrumentalisation du « péril islamique », la DGSE a raison contre la DCRI. Dans le numéro du mercredi 11 août 2010 de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, Claude Angeli écrivait que la DGSE trouvait que « Al-Qaida a bon dos » et montrait du doigt, dans les affaires de recrudescence du djihadisme dans la zone sahélo-saharienne, les connexions mafieuses entre les « islamistes », les « potentats locaux », les « Etats défaillants » et leurs « armées mercenaires ». Certains spécialistes affirmaient d’ailleurs que AQMI, traversé de multiples courants antagonistes, était en perte de vitesse et que la prééminence de Droukdal, alias Abou Moussab Abd Al-Wadoud, était remise en question notamment par des « émirs » moins soucieux d’idéologie et plus préoccupés de « faire du fric » (depuis 2007, on ne cesse d’annoncer le « limogeage » de Droukdal ; on donnait même le nom de son remplaçant : Ahmed Haroun). C’est qu’il n’y a pas que Paris pour instrumentaliser les « islamistes » ! Et ceux qui ont « capturés » le groupe des sept ne manquaient pas de connivences dans Arlit et la région ; ni au sein des appareils politiques au pouvoir dans la sous-région sahélo-saharienne, de Nouakchott à Niamey sans oublier Alger et Tripoli.

C’est dire que l’écheveau va être difficile à démêler. Et ce n’est pas en faisant de « l’islamisme radical » le bouc émissaire des problèmes intérieurs français que l’on y parviendra. Le problème se pose dans ces termes, certes – il y a un extrémisme islamique comme il y a un extrémisme franco-français -, mais pas uniquement. Ce qu’il faut prendre en compte, c’est l’emprise des organisations mafieuses qui, en instrumentalisant l’engagement religieux de quelques uns (principalement des Algériens) et l’opposition de quelques autres (notamment les Touaregs), ont transformé la zone sahélo-saharienne en zone grise permettant tous les trafics. Alain Rodier, ancien officier du renseignement, directeur de recherche au Centre française de recherches sur le renseignement (CF2R), collaborateur régulier de RAIDS, affirmait au lendemain de l’annonce de la mort de Michel Germaneau : « Il semble que le mouvement djihadiste profite du trafic de la cocaïne, qui arrive d’Amérique du Sud en Afrique noire et remonte vers l’Europe via le Sahara et le Sahel. AQMI se contenterait d’assurer la « protection » des différents trafics qui se déroulent au Sahel, c’est-à-dire qu’il rackette les contrebandiers ».

Il est avéré, d’ailleurs, que Mokhtar Belmokhtar, ex-patron de la zone sahélienne, a abandonné le combat pour l’instauration d’un « califat islamique » au Maghreb afin de s’adonner exclusivement à la contrebande et autres trafics en tous genres. Belmokhtar avait été « pressenti » pour devenir le troisième émir du GSPC en lieu et place de Droukdal à la suite de la mort du deuxième émir, Nabil Sahraoui (nom de guerre : Abou Ibrahim Mustapha, ancien émir de la zone 5 du GIA qui a fusionné avec la zone 2 du GIA dirigée par Hassân Hattâb pour donner naissance, en 1998, au GSPC), en juin 2004, dans un accrochage avec l’armée algérienne dans la région de Béjaïa.

Ne penser que AQMI dans la zone sahélo-saharienne et « islamisme radical » en France, c’est faire l’impasse sur les données essentielles : l’implantation mafieuse en Afrique de l’Ouest et le jeu trouble des Algériens qui ont fait de l’insécurité liée aux « islamistes radicaux » un de leurs outils diplomatiques dans leurs relations avec « l’Occident ».

Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

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